Connaître la signification du millésime d’un vin et savoir l’utiliser

Le millésime

En œnologie, le millésime représente une notion importante à connaître pour choisir son vin. Le millésime détermine en partie la qualité du vin, permet d’identifier les champagnes d’exception et constitue une indication sur la bonne façon de déguster la bouteille. Découvrez ce qu’est exactement le millésime, et comment l’utiliser pour mieux apprécier la complexité et les plaisirs du vin.

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Qu’est-ce qu’un vin millésimé ?

Le millésime est l’année de récolte du raisin ayant servi à fabriquer le vin. Ainsi, un vin millésimé 1989 a été confectionné à partir des vendanges de 1989. La majorité des vins portent cette mention sur l’étiquette ou la collerette de la bouteille. Si le vin n’est pas millésimé, cela signifie qu’il a été confectionné à partir de plusieurs vins de base.

En quoi le millésime est-il important ?

Selon les années, la qualité du raisin peut varier. Cela influe sur la qualité du vin : une récolte exceptionnelle donnera lieu à un grand vin. Ainsi, les meilleurs millésimes sont issus des meilleures années. Le millésime constitue donc une indication pour connaître l’âge du vin et éventuellement identifier les grands vins. Il s’agit aussi d’un moyen efficace pour savoir à quel moment le vin est meilleur pour la consommation. En effet, il convient de boire le vin à son apogée, certains sont mieux jeunes, d’autres gagnent à attendre encore. Le millésime peut également déterminer la température de service : un millésime mûr pourra être servi frais, tandis qu’un millésime plus acide gagnera à être tempéré pour atténuer les tanins.

Qu’est-ce qui détermine les caractéristiques d’un millésime ?

Un bon millésime dépend essentiellement de la météo et des conditions climatiques. Une bonne année doit être relativement équilibrée : elle commencera par un printemps assez humide – mais pas trop – pour irriguer la vigne. Ensuite, un été chaud et sec est l’idéal. Là encore, les excès peuvent nuire aux fruits, car une canicule va les assécher, ils seront petits et trop sucrés, donc pas suffisamment acides. Enfin, un automne doux viendra couronner une excellente année et donnera un grand millésime. Si la saison est trop humide, les raisins seront gorgés d’eau et leur goût en sera dilué.
Toutefois, sachant que les conditions météorologiques varient d’une région à l’autre, la qualité du millésime dépend également de la localisation du vignoble. C’est la raison pour laquelle il existe des millésimes pour les domaines bordelais ou de la Vallée de la Loire, car la même année ne donne pas forcément les mêmes vendanges partout.
Par ailleurs, les qualités exigées d’un vin rouge ou blanc ne sont pas les mêmes. Par exemple, un rouge acide avec des tanins pas assez mûrs sera médiocre, tandis qu’un blanc avec une pointe d’acidité due à ce même manque de maturité peut s’avérer très bon. Ainsi, on distingue également le millésime rouge et le millésime blanc dans les tableaux de millésimes.

Faut-il éviter les petits millésimes ?

Même si la météo représente un aléa incontournable qui influence les vendanges, le savoir-faire des vignerons et le moment de la récolte entrent également en compte. De ce fait, il ne faut pas systématiquement ignorer le vin millésimé datant d’une mauvaise année. En effet, la levée du ban des vendanges, c’est-à-dire la saison de récolte, qui est fixée par arrêté préfectoral, s’étend généralement de fin août à début octobre. Les vignerons peuvent donc retarder leurs vendanges afin d’optimiser la qualité de leur raisin et obtenir une bouteille millésimée de grande qualité malgré une année réputée médiocre. Tel est le cas des petits domaines qui peuvent se permettre une certaine marge de manœuvre. La nature du sol et le cépage (type de raisin) influent également sur la qualité du vin. Pour plusieurs vins du même millésime, il existe une grande diversité.

Qu’en est-il des bouteilles non millésimées ?

Selon la législation, le millésime affiché doit représenter au moins 85% du volume conditionné. Le vin non millésimé est issu d’un coupage, c’est-à-dire l’assemblage de plusieurs vins de millésimes différents. Cela ne signifie pas que la bouteille est mauvaise. Au contraire, le coupage permet de garder une qualité constante. Tel est le cas des vins de table, de nombreux portos, des vins de liqueur et des vins effervescents comme le vouvray et la majorité des champagnes. Toutefois, il existe une exception : le champagne millésimé.

Qu’est-ce qu’un champagne millésimé ?

Contrairement au vin millésimé, le champagne millésimé représente un produit rare. Le champagne est généralement obtenu par assemblage de plusieurs bases issues de cépages, de crus et d’années différents. Cela permet de garder la qualité et l’arôme propres à la maison de champagne. Le champagne millésimé est pour sa part fabriqué à partir d’une même récolte lors d’une année jugée excellente. Il s’agit donc d’un grand champagne issu d’une cuvée exceptionnelle. Il est resté en vieillissement pendant au moins 18 mois, contre 6 mois pour le champagne non millésimé. Le Comité Interprofessionnel du vin de Champagne est chargé de déterminer quelles récoltes méritent d’être millésimées. On trouve surtout des champagnes millésimés parmi les champagnes grands crus, c’est-à-dire issus de parcelles classées comme telles.

Comment reconnaître un grand millésime ?

Pour s’y retrouver entre différents vins millésimés, un amateur peut se référer aux tableaux qui paraissent chaque année. On en trouve facilement dans les magazines et revues d’œnologie, mais également sur Internet. Les années sont répertoriées en fonction de la qualité du millésime selon les régions. On y trouve également quels vins sont prêts à la consommation. Pour les vins venus de pays où le climat est assez stable, le millésime sert surtout à dater le vin. Tel est le cas par exemple des vins millésimés d’Afrique du Sud ou d’Australie, où la qualité demeure relativement constante au fil des ans grâce à une météo peu capricieuse.

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Saumur, Pays de la Loire, France